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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 07:15

Un autre article qui fait le (triste) bilan de l'évolution des performances françaises en mathématiques (et en sciences)

Une interprétation personnelle :

La dictature de la note, alliée à la mauvaise utilisation des examens et concours pour sélectionner les candidats, appauvrit considérablement la matière.

Comme pour les élections politiques, ce qui importe c'est de réussir en tant que candidat (bien préparer - bachoter - l'examen ou le concours - le fond disparaissant au profit d'apprentissages mécaniques et trop rapides de la forme.

Bien évidemment, les commentateurs de ces résultats, attachés à la forme actuelle de l'enseignement, émettront d'autres hypothèses ... voir celle tout à fait fantaisiste du bas de l'article. 

Nos élèves ne deviennent pas des citoyens éclairés et critiques, c'est tout le contraire, ils apprennent trop tôt des recettes et des notions trop compliquées (pas complexes) qui court-circuitent (pour un très grand nombre) leur compréhension.

 

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La dernière étude internationale « Trends in Mathematics and Science Study » montre que le niveau en terminale S a baissé de 107 points depuis 1995. Une dégringolade qui ne surprend pas les professeurs de mathématiques du supérieur.

Avec douze médailles Fields – l’équivalent du prix Nobel en mathématiques –, la France se classe au deuxième rang mondial derrière les Etats-Unis. Depuis peu, elle se distinguait aussi dans les concours internationaux de mathématiques réservés aux lycéens. Mardi 29 novembre, l’étude « Trends in Mathematics and Science Study » (Timss) vient jeter un froid sur ces beaux succès.

Une partie de l’enquête s’intéresse aux performances en mathématiques des élèves de terminale S. Et le constat est sans appel : la France est le pays qui accuse la plus forte baisse (de 107 points), passant d’un score de 569 en 1995 à un score de 463 en 2015. Pis, des trois niveaux scolaires – « avancé », « élevé » et « intermédiaire » – que l’étude distingue, les élèves français ne sont, en 2015, que 1 % à atteindre le niveau « avancé » en mathématiques, et 11 % le seuil « élevé ». Il y a vingt ans, ils étaient respectivement 15 % et 64 %.

Des professeurs peu surpris

« Le programme de mathématiques en terminale S ne prépare plus à l’arrivée dans l’enseignement supérieur. Nous sommes souvent atterrés du niveau des étudiants en première année de licence scientifique. Ils ne savent pas ce que sont les mathématiques, ils ont juste appris des recettes de cuisine pour passer le bac », déplore Aviva Szpirglas, professeure de mathématiques à l’université de Poitiers. Interrogée avant la parution de l’étude Timss 2015, mais informée de la baisse très nette du niveau des élèves depuis 1995.

Martin Andler n’est pas plus étonné. Professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin, président d’Animath, une association qui promeut les mathématiques chez les jeunes, il affirme même que « tous les mathématiciens savent que le niveau a diminué, ils en ont la confirmation avec cette étude très sérieuse ». Selon lui, la France a certes ses « meilleurs élèves, ceux qui participent aux compétitions internationales, mais ils sont la pointe extrême de l’iceberg. Mais nos bons élèves, eux, sont très loin d’être au niveau des bons Anglais ou Américains ». « Ils sont incapables de raisonner, appuie Denis Monasse, qui accompagne des jeunes de terminale qui se destinent à une classe préparatoire scientifique, après avoir enseigné les mathématiques, tant en terminale qu’en prépa, au lycée Louis-Le-Grand à Paris. Ils ne savent plus ce qu’est une démonstration mathématique. On leur apprend à aligner des calculs stéréotypés. »

De l’avis de ces trois professeurs de mathématiques, l’étude Timss enfonce une porte ouverte. Preuve par l’absurde : « Les professeurs des lycées élitistes essaient de maintenir un enseignement parallèle en se raccrochant aux anciens programmes de maths, explique Denis Monasse. A Louis-Le-Grand, par exemple, de septembre à avril, nous préparions les élèves aux études supérieures, puis on les préparait au bac. » Ceux qui n’ont pas la chance de bénéficier d’un tel soutien le paient cher et l’écart se creuse entre les élèves de « lycée normaux » et ceux des « grands lycées », aggravant l’impact du déterminisme social sur les performances scolaires.

Le ministère de l’éducation nationale impute cette baisse du niveau aux programmes scolaires français : ils ne seraient pas « en phase » avec ce qui est demandé dans une évaluation telle que Timss. Il rappelle également que la terminale S attire aujourd’hui des élèves ayant moins « d’appétence » pour les mathématiques qu’il y a vingt ans. Les professeurs interrogés font eux directement le lien avec les réformes du lycée menées depuis vingt ans. D’abord celle des spécialités quand, en 1995, les filières C et D ont été fondues dans une filière S (scientifique) regroupant des élèves de niveaux plus disparates en mathématiques.

Autre explication avancée par ces professeurs, l’obsession des gouvernements, de droite comme de gauche, de fabriquer des « honnêtes hommes », à l’image des savants de la Renaissance dotés d’une large culture générale. « Dans un contexte d’enseignement massifié, cela condamne les lycéens à être superficiels dans tous les domaines », estime Martin Andler. « On a choisi de former des citoyens plutôt que des scientifiques. Voici le résultat », tranche Denis Monasse.

Marine Miller

Journaliste au Monde

Post-scriptum: 
L’étude Trends in Mathematics and Science Study (Timss) parue mardi 29 novembre vient jeter un froid sur les derniers succès des Français en mathématiques. Barande/(CC BY-SA 3.0)

 

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source http://www.montraykreyol.org/article/les-eleves-ne-savent-pas-ce-que-sont-les-mathematiques

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On peut se demander si c'est en apprenant à scratcher dès l'école primaire (sourire)² que tout s'arrangera.

(A moins que cette "diversion" vers la programmation ne soit un moyen de contourner l'omnipotence de la matière et de ses contenus enseignés de façon de plus en plus efficaces, au moyen d'outils pédagogiques de plus en plus intrusifs, sans passage par les phases indispensables à la compréhension : sensibilisation, information, apprentissage ... et éventuellement lorsque c'est nécessaire systématisation des acquis.)

 

voir aussi

TIMSS 2015: LA FRANCE CHUTE DANS LE CLASSEMENT DES MATHÉMATIQUES

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